L'origine du CBD

Le CBD, ou cannabidiol, est un composé naturellement présent dans le cannabis. Bien que sa popularité ait explosé ces dernières années, son origine remonte à plusieurs milliers d’années.

L’existence du cannabis remonte à plus de 10 000 ans, avec des preuves de son utilisation en Chine et en Asie centrale. Les anciens Égyptiens utilisaient également le cannabis à des fins médicinales et rituelles, tandis que les Grecs anciens le considéraient comme une plante sacrée.

Le cannabis a été introduit en Europe au cours du Moyen Âge, mais il était principalement utilisé comme matière première pour la fabrication de textiles et de cordages.

Au 19ème siècle, la popularité du cannabis comme médicament a augmenté. Les médecins ont commencé à utiliser le cannabis pour traiter des maladies telles que la migraine, l’épilepsie et la douleur chronique. En 1839, le médecin irlandais William O’Shaughnessy a mené des études sur les effets du cannabis en Inde, où il a constaté que la plante avait des propriétés analgésiques et antispasmodiques.

Au début du 20ème siècle, le cannabis a commencé à être réglementé dans de nombreux pays. En 1925, la Convention internationale de l’opium a ajouté le cannabis à la liste des drogues réglementées, ce qui a entraîné la criminalisation de son utilisation à des fins médicales. Le cannabis a été largement interdit dans les années 1930 aux États-Unis et dans d’autres pays, ce qui a mis fin à l’utilisation médicale de la plante.

Cependant, dans les années 1940, des chercheurs ont commencé à isoler les composés du cannabis pour les étudier de manière plus approfondie. En 1940, le chimiste américain Roger Adams a réussi à isoler le CBD pour la première fois, bien que la structure chimique n’ait pas été entièrement comprise avant les années 1960. C’est donc en 1963 seulement, à Jérusalem, qu’un chercheur en chimie à l’Université Hébraïque, Raphaël Mechoulam, parvient à découvrir la structure exacte du CBD (21 atomes de Carbone, 30 atomes d’Hydrogène et 2 atomes d’Oxygène).

Dans les années 1970, le THC, ou tétrahydrocannabinol, a été identifié comme le principal composé psychoactif du cannabis. Cela a entraîné une augmentation de la recherche sur les effets du cannabis sur le cerveau et sur la manière dont les différents composés affectent le corps humain.
L'historique du CBD

Le cannabidiol, nom scientifique du CBD, a commencé à attirer l’attention du grand public dans les années 1990, lorsque des chercheurs ont découvert que le corps humain a un système endocannabinoïde (SEC) qui régule un certain nombre de fonctions physiologiques.

Ce système utilise des cannabinoïdes naturellement produits par le corps pour réguler ces fonctions (endocannabinoïdes), mais il peut également être activé par des cannabinoïdes provenant de sources externes (phytocannabinoïdes), comme le cannabis.

Au fil du temps, les scientifiques ont découvert que le CBD a des propriétés médicinales potentiellement utiles, comme la réduction de l’inflammation et de l’anxiété, et la gestion de la douleur.
En 2005, le Sativex est le premier médicament à être commercialisé au Canada. 2018, la Food and Drug Administration (FDA) américaine a approuvé le premier médicament à base de CBD, Epidiolex, pour traiter deux formes rares d’épilepsie.
Malgré l’approbation de la FDA, de plusieurs agences de santé mondiales et les preuves croissantes de ses avantages médicinaux, le CBD reste largement non réglementé et non standardisé. Les entreprises qui vendent des produits à base de CBD ne sont pas tenues de suivre des normes de qualité ou de sécurité spécifiques, ce qui rend difficile pour les consommateurs de savoir exactement ce qu’ils achètent.

Cela dit, il y a une tendance croissante dans l’industrie du CBD pour une réglementation plus stricte et une normalisation des pratiques de production et de vente. Dans l’ensemble, l’avenir du CBD semble prometteur, avec de plus en plus de preuves qu’il peut être utile pour un large éventail de problèmes de santé.

Le CBD est maintenant légal dans de nombreux pays européens, y compris les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada et l’Australie, bien que les lois varient d’un pays à l’autre. De plus en plus de recherches sont menées sur les effets potentiels du CBD sur une variété de troubles, allant de ceux liés au sommeil, à l’anxiété, la dépression, la douleur chronique, l’arthrose et jusqu’à la maladie d’Alzheimer et de Parkinson.
Les Cannabinoïdes

Le système endocannabinoïde (SEC), composé de neurones, d’endocannabinoïdes et de récepteurs cannabinoïdes, est essentiel à toutes les formes de vie : il régule les systèmes du corps afin de maintenir l’homéostasie (l’état d’équilibre nécessaire pour un sain fonctionnement). Tous les vertébrés (organismes possédant un squelette) en ont un.
Le CBD, le THC (et tous les autres dérivés connus) sont des cannabinoïdes. Bien qu’ils proviennent tous de la même plante, le chanvre, les deux ont la capacité d’agir sur le système endocannabinoïde mais ont des effets différents sur le corps. Les composés naturellement produits par le corps sont appellés des endocannabinoïdes. Les cannabinoïdes retrouvés dans le cannabis sont pour leur part appelés des phytocannabinoïdes.
Les « clés » cannabinoïdes communes sont les seules qui peuvent s’insérer dans les « serrures » récepteurs CB1 et CB2. Les récepteurs CB1 (principalement dans le cerveau) sont activés par le THC (tétrahydrocannabinol), Les récepteurs CB2 (principalement dans le corps) sont activés par le CBD (cannabidiol).
La principale différence entre le CBD et le THC réside donc dans leurs effets psychoactifs. Le THC est le composé qui vous fera planer, tandis que le CBD n’a pas d’effets psychoactifs. En outre, le CBD est souvent utilisé à des fins médicales pour traiter une variété de problèmes de santé, tandis que le THC est souvent utilisé pour traiter la douleur, l’inflammation et les nausées.
Autre importance, l’un est illégal tandis que l’autre entre dans le traitement de nombreuses pathologie.

On trouve dans les cannabinoïdes de bien différents composés chimiques, certains sont à l’état naturel dans la plante, d’autres sont crées en laboratoire et dits de synthèse. Voici en détails les caractéristiques des principaux :
Composés naturels
Principal composé psychoactif du cannabis. Il est responsable des effets « planants » associés à la marijuana.
Composé naturellement présent aussi dans le cannabis. Contrairement au THC, le CBD n’a pas d’effets psychoactifs et ne vous fera pas planer. Il est souvent utilisé à des fins médicales pour soulager notamment la douleur, réduire l’anxiété et améliorer le sommeil.
Présent naturellement dans certaines variétés de cannabis, il se distingue par ses effets psychoactifs plus subtils que ceux du THC. En sus, son rôle potentiel en tant qu’agent régulateur de l’appétit et de la glycémie soulève des perspectives intéressantes pour le traitement du diabète et de l’obésité.
Composés de synthèse
Cannabinoïde synthétique qui est souvent vendu sous forme de substitut du cannabis. Il est considéré comme plus puissant que le THC mais peut avoir des effets secondaires plus graves que le THC ou le CBD. Ses effets à long terme sur la santé ne sont pas encore bien compris, il est donc important d’être conscient des risques avant de l’utiliser. En France le HHC est interdit à la vente depuis le 13 juin 2023.
Cette substance est élaborée chimiquement en laboratoire par adjonction d’hydrogène à une molécule de CBD, qui induit les effets psychoactifs. Le H4CBD serait « 100 fois plus puissant et produit un effet psychoactif plus prononcé » avec des effets similaires au HHC car il agirait davantage sur le système nerveux central en maximisant les interactions avec le récepteur CB1. En France, le H4CBD est interdit depuis le 3 juin 2024.
Considéré comme nettement plus puissant que le THC, responsable des effets psychoactifs du cannabis, le THCP suscite des intérêts particuliers et fait l’objet d’études scientifiques approfondies visant à mieux comprendre son mécanisme d’action et ses applications thérapeutiques potentielles. Mais il est désormais interdit en France depuis le 3 juin 2024.
Il existe également de nombreux autres dérivés de cannabinoïdes, tels que le très intéressant CBG (ou cannabigérol), le CBC et le CBN ou le HHCP-0 et les THCA, B, H et V. Chacun de ces composés a des effets très différents sur le corps et est soit encore à l’étude, soit déjà utilisé à des fins commerciales et médicales, soit en cours de régulation ou déjà tombé sous le coup d’une législation.
